Présentation de Nos Cousins d'Allemagne

Publié le par Stéphanie Sommerfeld-Fritsch

Présentation, en 1970, par l’éditeur Grasset de " Nos cousins d’Allemagne " (Une enfance lorraine 2)

Les nombreux lecteurs d’ Une Enfance Lorraine  retrouveront avec le même plaisir le narrateur et les siens, revenus à Rupt après l’armistice. Dans la petite cité ouvrière, à présent occupée par les Allemands, la vie reprend vaille que vaille. Beaucoup d’hommes sont prisonniers, mais les femmes - dont la mère de Charles – apprennent à les remplacer, bien que les usines Stirling soient administrées par les services de Goering.
Les diverses communautés, l’italienne, la polonaise, la française, continuent à se côtoyer sans se mêler, quoique les malheurs communs, les bombardements et les restrictions rapprochent un peu les individus.
Au reste, la situation des Français, une fois encore, est difficile, puisqu’ils ont tous, comme en 1870, ou en 1914, des cousins " prussiens " ; les changeantes frontières divisent autant les familles que la région.
Charles et les adolescents de son âge attendent impatiemment l’arrivée des troupes alliées, qui vont sans doute instaurer un monde juste et plein de promesses. En fait, elles ramèneront surtout l’ordre ancien.
Après la Libération, le tout-puissant seigneur de Rupt reprend possession de ses usines, de ses châteaux, de ses ouvriers, qu’ils soient " rouges " ou bien-pensants ; la féodalité industrielle semble avoir résisté à cette secousse, qui n’a pas ébranlé l’empire des Stirling.
Mais comment le jeune Charlot, encore lycéen, pourrait-il douter qu’une nouvelle époque est sur le point de naître ?
Et pour lui, ce sera presque comme un symbole des temps futurs qu’il verra revenir au pays, sous l’uniforme américain, celui de ses cousins " prussiens " qui a voulu choisir son camp selon son cœur, plutôt que de s’abandonner, comme son père et son grand-père, aux caprices de l’histoire.
Toujours aussi vivant et imagé, le style de Pierre Fritsch donne à cette quotidienne chronique des marches de l’Est un ton d’une d’une singulière fraîcheur, qui fait de Nos cousins d’Allemagne un roman très attachant, où l’émotion et la sincérité sont immédiatement sensibles.
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Publié dans Ses livres

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